Lizzie Rider, la Duchesse rédac’ chef

Article publié le , par Le vestiaire nantais

Attablée à son stand, la mine enjouée, Lise-Marie Gauch - son nom à la ville - ne boude pas son plaisir. Son roller derby, devenu plus qu’une passion, est à l’honneur le temps d’un week end et du West Track Story, tournoi annuel organisé par les Nantes Derby Girls et regroupant plusieurs équipes européennes. L’occasion pour nous d’aller à la rencontre de l’une des jammeuses nantaises et fondatrice, hors piste, du magazine Deadly Kiss.


Lizzie Rider, la Duchesse rédac’ chef

Peux-tu nous expliquer ta découverte du roller derby et ce qui t'a motivé à le pratiquer ?

Des potes connaissaient les personnes qui étaient en train de créer un club de roller derby, les Nantes Derby Girls (NDG). C’était en octobre 2010 : Jeff, Katie et Bastien (entre autres) se sont lancés dans une aventure qui s’avère être énorme aujourd’hui. Nous étions une vingtaine la première année à ne pas savoir patiner, ou à peine… Aujourd’hui en 2015, nous sommes 80, avec des entraînements pour les débutantes et des sélections pour composer nos trois équipes (les Duchesses All-Stars, les Divines Machines et l’équipe C qui n’a pas encore de nom).

Ce qui m’a motivée, c’est le fait de découvrir un nouveau sport et de le pratiquer avec mes potes, de chausser des patins à roulette, de glisser et de me marrer. Car il faut le dire, en 2010, on ne connaissait pas les règles du jeu et on ne savait même pas ce qu’était vraiment le roller derby. C’était la grosse poilade et pas vraiment sportif !

« Créer le magazine a été un véritable challenge pour moi »

Hebergeur d'image


Comment est née l'idée de créer Deadly Kiss, un magazine autour du derby ?

Après ma première année au sein des NDG, je suis partie quelques mois à Melbourne (Australie). Je me suis inscrite dans la ligue de roller derby locale : la Victorian Roller Derby League. Cela faisait déjà six ans que la première ligue avait été créée là-bas. L’expérience et le niveau étaient là, les salles remplies pendant les matchs. Et j’ai trouvé un magazine dédié au roller derby : « Hit & Miss, Roller Derby Magazine ». J’en ai acheté un, je l’ai lu, il y avait un article sur les Paris Roller Girls avec des photos prises par mon pote Insane Motion !

Il faut toujours que je fasse quelque chose. Si je n’ai pas de projet en tête, j’ai l’impression que je vais mourir. Alors je me suis dit que j’allais créer mon magazine, même si je n’y connaissais rien. A ce moment, en France, des blogs existaient, un fanzine tournait, des gens partageaient pleins d’infos sur internet mais aucun site ou magazine papier spécialisé roller derby français n’existait. Comme j’ai la chance d’être entourée par des gens formidables et talentueux qui ont soutenu le projet tout de suite, ça s’est mis en place rapidement. 

Que représente pour toi le fait d'avoir créer un magazine crédible dédié à ta discipline ? 

J’ai du mal à finir ce que je commence et à pousser les choses le plus loin possible. Pendant mon voyage en Australie, j’ai appris à me fixer des objectifs et à me dire que je suis « capable de ». Créer le magazine a été un véritable challenge pour moi. Et s’il n’y avait pas eu les équipes de rédaction et graphique à mes côtés, ça n’aurait pas été possible de tenir le coup jusqu’ici. J’ai du mal à prendre du recul sur ce que l’on fait mais une chose est sûre, je suis fière de notre travail. On apprend pleins de choses à travers cette activité. On découvre d’autres sports, on découvre des personnalités, on rencontre des gens, on partage, on fait parler les acteurs du roller derby. On apprend à écrire aussi, c’est pas si facile. C’est du gros boulot pour toutes les personnes qui participent à ce projet et j’espère qu’elles sont aussi fières de ce qu’elles font car c’est l’histoire de notre sport qu’elles écrivent, décrivent, dessinent et représentent.

« Mon parcours aux Beaux Arts m’influence dans mes choix »


Hebergeur d'image



Tu as élevé ton niveau de pratique derby jusqu'à atteindre la sélection française. Comment ta pratique du haut niveau s’inscrit-elle dans l'élaboration de ta ligne éditoriale ?

Que ce soit avec la Team France ou les NDG, j’essaie de faire en sorte que Deadly Kiss ne soit pas un magazine axé élite nationale et/ou Nantes-Grand ouest. Cependant, le fait d’avoir rejoint la sélection est un plus car ça me permet d’avoir des infos plus rapidement. Et puis avec la Team France, on a pas mal bougé et ça me fait encore bouger ! Cela aide pour parler d’un sujet quand on l’a vraiment vécu, et pour rencontrer des gens qui veulent, eux aussi, s’exprimer. Les NDG font également venir pas mal d’équipes et de coachs, alors on discute et on élabore des sujets ensemble.

Après, je ne suis pas toute seule à rédiger. L’élaboration de la ligne éditoriale se fait avec les rédacteurs aussi : Margaux, journaliste, qui a toujours un regard très ouvert, Claire, qui est en Suisse et qui couvre d’autres événements et rubriques, David est à Lorient et Nico au Mans, à Caen et parfois à Chicago !

On retrouve l’esthétisme très stylé du roller derby dans les pages de Deadly Kiss. Comment fais-tu pour avoir ce côté original à chaque numéro ?

Le roller derby rassemble beaucoup de gens issus d’univers différents. C’était important pour moi de parler autant du sport en lui-même que des gens qui sont en lien plus ou moins direct avec la discipline et qui contribuent au développement de notre sport. On a donc choisi de proposer aux graphistes, artistes, et illustrateurs de faire les couvertures de nos éditions. Je voulais différencier Deadly Kiss des autres magazines de roller derby existant dans les pays anglo-saxons qui ont généralement une photo en couverture.

Mon parcours aux Beaux Arts m’influence d’ailleurs pas mal dans mes choix. Avoir un magazine avec une belle couverture, du beau papier, c’est important. Ça donne envie de le garder, voire de le collectionner. Carole et Guillaume, de l’agence de design graphique La Pointe, créent la maquette du magazine depuis le numéro 5. Ils apportent énormément d’idées sur la mise en page - un domaine que je ne maîtrise pas du tout - et sont très créatifs. Ils sont toujours à la pointe quoi ! Nous avons aussi
Adirou, illustratrice, qui a rejoint l’équipe et qui déchire avec ses visuels hyper pêchus.

« Malgré de nombreux reportages bien pourraves, on avance »

Hebergeur d'image


Ecrire sur ta discipline et la promouvoir, est-ce une source de motivation supplémentaire dans ton parcours de sportive ?

Non, c’est plutôt l’inverse en fait. C’est mon parcours sportif qui me motive à écrire. Ce que je vis, ce que je vois, ce que j’endure parfois et ce que les autres me racontent par rapport à leur propre parcours, c’est ça qui me motive.

Les Duchesses, l’équipe fanion des NDG, fraîchement lauréates du West Track Story III, participeront également à la Derby Monster Cup organisée à Lille en juin prochain. Existe-t’il un parallèle selon toi entre l’aventure avec les Duchesses qui grimpent de niveau d’année en année, et celle avec ton magazine ?

Dans l’une comme dans l’autre, on est en équipe et on se donne à fond. On partage des émotions, on rencontre des gens. Ce sont ces aspects relationnel et humain dans les deux activités qui les rendent géniales.

Comment vois-tu l'évolution sportive et médiatique de ta discipline, sous médiatisée en France alors qu’elle cartonne outre-manche ?

Les équipes sont de plus en plus compétitives et le niveau des ligues augmente. Le sport ne cesse d’évoluer, il y a même un comité roller derby qui s’est crée au sein de la Fédération française de roller skating. Et il y a également une vraie relève qui se prépare, avec la création de ligues juniors.

La médiatisation du sport évolue en même temps que nous. Au début c’était pas très représentatif parce qu’on ne savait pas vraiment dans quelle direction on allait. Mais les ligues ont aujourd’hui de vrais objectifs sportifs, ce qui perturbe un peu les médias qui du coup nous trouvent trop « sportives » et moins spectaculaires. Malgré de nombreux reportages bien pourraves, on avance et on prouve que le roller derby est un sport comme n’importe quelle autre discipline.

Mais l’avantage de ces reportages moyens, c’est que ça donne des idées à d’autres. Aujourd’hui, on a 5Seconds qui est le premier site internet d’infos sur le roller derby français… et il vient de Nantes !

Hebergeur d'image


Le roller derby s'est développé autour d'une image très identitaire, très rock n'roll. Penses-tu qu’il doit s'ouvrir et se démocratiser ou que son secret réside dans cette notion communautaire ?

Je pense que ce côté communautaire est à la fois une force et une faiblesse. Avec les gens qui connaissent ou pratiquent le roller derby, tu sais tout de suite de quoi parler. Mais quand tu es un peu extérieur à ça, c’est parfois assez difficile de comprendre la culture du roller derby et de s’y intégrer. Mais ce n’est pas exclusif au roller derby.
Après, ce qui est fort dans notre discipline, c’est que l’on s’entraide énormément. On organise des matchs, un tournoi, on héberge les joueuses, les arbitres, on prépare à manger pour tout le monde, on rencontre les autres ligues pour leur filer un coup de main… Je pense donc qu’il faut garder cette identité, c’est ce qui fait que ça marche, non ?

Pour finir, quand et où sort le prochain numéro de Deadly Kiss ? As-tu quelques infos à nous transmettre ?

Deadly Kiss est un magazine trimestriel, le numéro #7 venant tout juste de sortir. Le prochain est prévu pour début juin avec des infos sur la Team France masculine, sur des tournois passés et avec une couverture qui va encore déboîter ! Et puis on espère pouvoir sortir des t-shirts en édition limitée.


On peut commander les magazines sur notre Big Cartel - http://deadlykiss.bigcartel.com et s’abonner ! On peut également retrouver le magazine à Paris, dans la boutique d’HawaiiSurf, et si la personne est située à Nantes, je peux lui remettre en mains propres.  

On remercie Lise d'avoir répondu à nos questions.
Crédit photos:
Insane motion / Clément Thierry / Bastien Gaboriau


Evènements Roller derby

Evènements Sport alternatif

Le Vestiaire Nantais

RDV Associatif

Rencontres

Sport

Sport alternatif

Sport Aventure

Sport collectif

Sport individuel

Sport mécanique

Sport nautique

Sport Santé

Bubble bump

Une activité fun et divertissante

Goodies LVN

Bientôt disponible !

Partagez

Soutenez-nous !